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Tentatives de meurtres et suicides
29 avril 2014

La situation s’aggrave dans les centres jeunesse

De récentes tragédies humaines dans les centres jeunesse démontrent une fois de plus la nécessité de mettre fin rapidement à leur sous-financement et de convoquer des états généraux afin d'assurer un avenir digne de ce nom à nos jeunes vulnérables.

Le plus récent incident est survenu à Lévis où un jeune instable de 16 ans a tenté d'étrangler un intervenant le 20 avril dernier. Il a récidivé le lendemain sur un autre employé. Une autre histoire de tentative de meurtre est survenue un peu avant dans un centre des Laurentides où trois jeunes ont comploté en vue d'assassiner une intervenante en la rouant de coups.

Par ailleurs, un reportage de TVA Nouvelles faisait état ces derniers jours du problème des suicides dans les centres jeunesse. On y apprenait notamment qu'il y a eu l'an dernier cinq tentatives de suicides dans les établissements du Centre jeunesse de Montréal et trois dans ceux de Montérégie. Malgré les demandes du journaliste à l'Association des centres jeunesse, il n'a cependant pas été possible de savoir quel était le nombre total de ces tentatives dans les centres jeunesse de l'ensemble du Québec. La statistique n'existe pas. Le bureau du coroner rapporte de son côté cinq suicides dans les centres en un peu plus de trois ans.

« Il est grand temps de se pencher sérieusement sur ces problèmes qui affectent directement la vie des jeunes et des intervenant-es », estime Line Beaulieu, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et responsable de la campagne « Grandir dans la dignité » qui vise à souligner l'importance d'instaurer des services adéquats dans les centres jeunesse.

Même si toutes les tragédies ne sont pas liées directement au sous-financement, le manque de ressources en centres jeunesse (pédopsychiatres, psychologues, nombre suffisant d'intervenant-es, nombre de places appropriées pour les différents types de cas, etc.) empêche trop souvent de stabiliser les jeunes en détresse psychologique. À Montréal, par exemple, il n'y aurait que deux pédopsychiatres pour 800 jeunes hébergés par les centres!

« Il y a 10 ou 15 ans, avant que les compressions tous azimuts soient appliquées, nous n'entendions pas parler de ces conséquences dramatiques. Il est urgent que les centres jeunesse retrouvent les moyens de faire de la prévention », lance Jeff Begley, président de la FSSS-CSN. Ce dernier rappelle que le premier ministre Philippe Couillard a reconnu implicitement que les compressions étaient allées trop loin dans les centres jeunesse en promettant la réouverture du foyer de jeunes de Roberval. Le problème n'est malheureusement pas spécifique au Lac-Saint-Jean et affecte l'ensemble du Québec.

Ce sont toutes ces raisons qui poussent la FSSS-CSN à demander une rencontre avec les ministres Lucie Charlebois et Gaétan Barrette afin de trouver une solution acceptable pour l'avenir des jeunes vulnérables et des centres jeunesse.


À propos

Fondée en 1921, la CSN est une organisation syndicale qui œuvre pour une société solidaire, démocratique, juste, équitable et durable. À ce titre, elle s'engage dans plusieurs débats qui intéressent la société québécoise. Elle est composée de près de 2000 syndicats. Elle regroupe plus de 300 000 travailleuses et travailleurs réunis sur une base sectorielle ou professionnelle dans huit fédérations, ainsi que sur une base régionale dans treize conseils centraux, principalement sur le territoire du Québec.


Date : 29 avril 2014

Source :
Fédération de la santé et des service sociaux (FSSS-CSN)

Renseignements:
Thierry Larivière, Service des communications de la CSN

Cellulaire : 514 704-3297 ; bureau : 514 598-2159.

Thierry.lariviere@csn.qc.ca