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Lise Pariseau, présidente du syndicat de Héma-Québ
Difficiles négociations à Héma-Québec.
28 janvier 2003

Le syndicat s'inquiète des projets de la direction.

Le 28 janvier 2003 - Le Syndicat des travailleuses et travailleurs d'Héma-Québec (CSN) appelle la direction d'Héma-Québec à une véritable négociation pour le renouvellement de sa convention collective.

Depuis la fondation d'Héma-Québec, en 1998, qui a succédé à la Croix-Rouge en tant que seul fournisseur de produits sanguins au Québec, les négociations entre la direction et les employé-es n'ont toujours pas mené à la signature d'une nouvelle convention collective.

Les travailleuses et travailleurs d'Héma-Québec sont sans contrat de travail depuis août 2001. Les négociations ont repris en septembre 2002. Le régime de retraite et l'assurance collective sont parmi les points en litige.

« Depuis deux ans, la direction d'Héma-Québec a consacré 2 millions à ces négociations sans toutefois que celles-ci aboutissent à la signature d'une entente », a précisé en conférence de presse Mme Lise Pariseau, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs d'Héma-Québec. Elle a ajouté que le syndicat a toujours fait preuve de bonne volonté depuis 1999, ayant même accepté une interruption des négociations pour la mise en place des centres de donneurs de sang Globule.

Demande d'intervention du gouvernement
En regard de la situation, et face à la détérioration des relations de travail, le syndicat interpelle le gouvernement du Québec et le Conseil du trésor afin qu'ils interviennent dans ce dossier. En tant qu'organisme subventionné à 100 % par le gouvernement québécois, le Conseil du trésor est ultimement responsable du règlement de plusieurs points en litige. « Héma-Québec étant sous la responsabilité directe du ministère de la Santé, le gouvernement peut et doit intervenir afin de régler ce dossier dans les meilleurs délais », a déclaré Jeff Begley, vice-président secteur privé de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.

Le syndicat désire également exprimer sa profonde inquiétude relativement aux projets futurs de la direction d'Héma-Québec. Fondé en vertu de la Loi sur Héma-Québec et sur le comité d'hémovigilance, Héma-Québec, organisation à but non lucratif, a pour mission d'assurer aux établissements de santé et de services sociaux du Québec et à la population un approvisionnement suffisant en sang et en produits et constituants sanguins. Or, dans une brochure publiée à l'automne 2002, la direction exprime son désir de « devenir, d'ici 2005, le chef de file en Amérique du Nord parmi les fabricants de composants sanguins ».

Depuis août 2001, Héma-Québec est membre de l'America's Blood Centers, une association regroupant 48 % des services de transfusion aux Etats-Unis. La demande des Etats-Unis pour les produits sanguins du Québec est à la hausse et le syndicat s'inquiète d'éventuels projets d'expansion d'Héma-Québec vers les Etats-Unis, alors que sa mission est de répondre aux besoins de la population québécoise.

M. Arthur Sandborn, président du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), a tenu à faire une mise en garde contre la marchandisation des produits sanguins québécois aux Etats-Unis. "Comme dans le dossier du bois d'oeuvre, cela pourrait ouvrir la porte à des poursuites et des représailles dans le cadre des divers traités commerciaux internationaux actuellement en vigueur", a-t-il expliqué.

(Source: CSN 28-01-03 -- Renseignements: Monique Moisan, (514) 598-2230)